Etape

Bytow - Gdansk

Kilomètres

100

Météo

On a eu bien froid

Phrase du jour

Tu peux me rendre mon masque que tu avais mis dans ton slip pour protéger ton téléphone ? - Quentin

Résumé

J’ai su que cette journée allait être compliquée en me levant. J’avais plutôt bien dormi certes, mais l’hôtel était vendu avec un ‘perfect breakfast’ sur Internet, et en arrivant dans la salle à manger, nous constatons qu’en fait il est plutôt pas fou, 3 oeufs se battant en duel avec un peu de pain.

Le début de l’étape se passe parfaitement bien. Nous avançons et en profitons pour faire des révisions simultanées, Mathieu de russe, moi de japonais. Et soudainement sans prévenir, le voila, c’est bien l’orage ! Nous prenons une première saucée violent avec des gouttes énormes qui fouettent bien. Essayant de survivre dans une descente avec ses freins un peu limite quand mouillés, Mathieu rate la bifurcation et nous devons remonter sur un bon kilomètre. Je me rappelle à ce moment la que mon téléphone n’est pas étanche et qu’il est a la merci des éléments déchainés sur le guidon de Mathieu pour faire le guidage GPS. Las, il est trop tard et mon téléphone est en train de reboot en boucle (ce qu’il fait encore actuellement 6h plus tard en attendant de se décharger complètement). Nous devons utiliser le téléphone de Mathieu, qui n’est lui aussi pas étanche. Pour lui éviter le même sort funeste que le mien, Mathieu trouve une parade : il enveloppe son téléphone dans mon masque en tissu pour le maintenir plus ou moins sec et le stocke entre son slip et son cuissard. Ça fait bien longtemps qu’on se connait mais j’avoue que les frontières de l’intimité ne sont pas loin d’être atteintes sur ce coup là…

Autre problème, nous utilisions mon téléphone car celui de Mathieu a choisi ce voyage pour annoncer que sa batterie était complètement morte. Elle se vide en quelques heures en veille, et encore plus rapidement quand utilisée. Nous scotchons la batterie externe sur le cadre du vélo avec du sparadrap pour essayer de gagner de quoi arriver à la fin de l’étape, ce qui fonctionne plutôt bien malgré l’esthétique douteuse.

Profitant d’une éclaircie, nous nous arrêtons pour manger sous un arbre en espérant que le temps reste sec une vingtaine de minutes. 2 minutes après nous être assis, l’orage éclate a nouveau, et nous devons faire retraite sous un porche pour manger en envisageant des prochains voyages en gros hummer tirant une caravane de luxe plutôt qu’en vélo. Au moment de repartir, le ciel se charge de nous envoyer un message avec des énormes grêlons de la taille de glaçons. Impressionnés par ce message du ciel, j’improvise une épitre religieuse remerciant le seigneur de nous accorder des épreuves pour tester notre foi pendant que Mathieu ponctue de chants grégoriens et autres Ave Maria.

C’est à ce moment la que le frein arrière de Mathieu lache complètement, et qu’il réalise au même moment que le pédalier n’est plus du tout droit et doit être resserré de toute urgence sous peine d’exploser. Nous resserrons son frein avant en espérant qu’il suffise et pour le pédalier, on peut pas faire grand chose donc on oublie. Dieu nous envoie une dernière épreuve sous forme d’un pont au dessus d’une voie de train détruit et en travaux pour le reconstruire de zéro avec des grosses grues moches. Nous descendons les vélos sur les rails de train pour traverser en chantant les louanges du seigneur pour qu’il ne nous envoie pas de TGV polonais sur la figure.

Nous finissons par arriver à Gdansk complètement trempés, sales comme jamais avec de la terre partout (je vous ai pas dit, mais on s’est retapé du chemin de terre, mais sous l’orage hihi). Pour éviter de complètement détruire l’intérieur de notre location, je lave les sacoches dans une flaque du caniveau, Mathieu optant pour la méthode ayant fait ses preuves du ‘je me douche avec mes sacoches pour nettoyer tout en meme temps’

Demain repos, enfin pas tout a fait car il faut qu’on trouve de quoi faire réparer les vélos, mais au moins on roulera pas !