Etape
Valenca - Porto
Kilomètres
110
Météo
Parfaite encore une fois
Pensée du jour
Petit poème - Très cher vent de face, nique ta race
Résumé
C'est parti pour la dernière étape du voyage ! Découvrant le changement de fuseau horaire, je me réveille à 6h30 du matin en mode posé, et décide de partir un peu après 8h histoire d'arriver vite. Le début d'étape roule plutôt bien, le dénivelé ayant enfin décidé de me laisser tranquille. Je traverse une région que ma formation d'urbaniste d'il y'a plus de 10 ans me permet d'identifier comme étant en cours de gentrification sévère : des gigantesques maisons d'architecte neuves ou en construction côtoient les baraques minuscules de pêcheur en ciment, et je croise de nombreux étals de vendeurs de légumes de bord de route devant lesquels sont arrêtés des décapotables sans doute très chères. Le Portugal, entre modernité et tradition comme on dit.
Vers la 3ie heure, le paysage s'aplanit : je suis sur une sorte de plaine précédant la mer que j'aperçois au loin. C'est alors qu'il arrive, celui que j'avais totalement oublié le reste du voyage, bien protégé par les reliefs. Une des 7 plaies du vélo, je veux bien entendu parler du vent de face. Je ne sais pas si c'est moi qui a perdu l'habitude ou si il est violent, mais je n'avance plus, ma belle moyenne est en pleurs, moi en rage, bref pas fun. Après 15 kilomètres à en chier, je décide de ruser : je suivais jusqu'à présent une route de taille moyenne longeant la côte hors des villes, mais la côte étant très urbanisée, il m'est possible de rester de manière quasi permanente sous le couvert des bâtiments par des petites rues.
Nous avons donc d'un côté :
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Un guidage 20 fois plus complexe que suivre une ligne droite
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Un trafic dantesque en cette période vacances
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Des enfants partout ne demandant qu'à être renversés pour m'envoyer dans les prisons portugaises
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Des feux rouges, des stops et céder le passage pour bien détruire le rythme
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Des routes en pavés et des trottoirs à prendre pour filouter les sens interdit
Et de l'autre :
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Le vent de face
Le choix est évidemment fait en une demi-seconde et me voilà à zigzaguer entre piétons, voitures, feux rouges tout en maintenant un guidage complexe (oui, le vent de face c'est chiant à CE point). Bon an mal an j'arrive au bout de l'étape, ou j'attrape le terminus d'un tram qui m'amène au centre de Porto sans autres galères. Je passerais 2 jours complets dans la ville pour avoir le temps de visiter et goûter aux spécialités locales (et également accessoirement de trouver un carton pour emballer mon vélo)
Avec 10 jours de pédalage, 1035 kilomètres et 10300 mètres de dénivelé positif, ce voyage fut en conclusion fort agréable, peut-être même pour moi le plus agréable de tous mes voyages à vélo. Le combo de la difficulté physique liée au gros dénivelé, mais avec une météo parfaite, de bons repas/nuits et des décors impeccables en plus de la gentillesse des espagnols ont fait que j'ai pu me concentrer sur mon effort la ou sur les autres voyages les galères pour se nourrir, bien dormir, ne pas avoir froid ou trop chaud et ainsi de suite étaient envahissants. La cerise sur le gâteau, c'est Mathieu qui en faisant le guidage et la conversation sur son vélo électrique en plus de parler espagnol a vraiment rendu les aspects pratiques du voyage très faciles. J'ai juste kiffé faire du vélo, et oui pour ce voyage, je peux le dire : le vélo c'est rigolo
À bientôt pour de nouvelles aventures !