Etape
St Jacques de Compostelle - Valenca
Kilomètres
107
Météo
Nickel, vraiment je conseille le Nord de l'Espagne en été !
Pensée du jour
Je me demande si les portugais sont aussi bruyants que les espagnols
Résumé
C'est parti pour la première des deux étapes en solo pour rejoindre Porto ! Une belle ligne droite vers le sud m'attends aujourd'hui, et je dis au revoir à Mathieu qui part pour de nouvelles aventures en montagne composés de chiffres clés comme le 7 et de lettres clés comme le b ou le c, force à lui !
Le début de l'étape est un excellent exemple du ratio flemme action, concept cher à notre petit duo, que j'ai déjà expliqué dans ce blog mais dont voilà un résumé : le ratio flemme action c'est le calcul entre la flemme que tu as de faire quelque chose et l'action qui en découle, parfois mineure, parfois super relou à gérer, bien plus que si tu avais pas eu la flemme. Exemple parlant : avoir la flemme de sécher ses affaires le soir au camping et devoir repartir dans le froid avec des fringues mouillées le lendemain, ce qui entrainera 2 jours plus tard une crève mettant un terme au voyage (ratio flemme action maximal dans ce cas).
Ce matin, j'en enchaine deux assez beaux, d'abord en partant dans un chemin catastrophique sous un viaduc routier parce que j'ai eu la flemme de vérifier le guidage et que je me suis dit que ça passait pas, ce qui m'a coûté 15 minutes de galères à remonter mon vélo en le poussant dans un raidillon de fou au dessus des voies de trains. Puis, même pas 30 secondes plus tard, en me retrouvant du mauvais côté de la route avec un terre plein empêchant de traverser, voir un pont piéton permettant de faire le passage d'un côté à l'autre, avoir la flemme d'y aller, avancer 500 mètres de plus, constater que c'est plus possible de rouler sur le côté de la route du mauvais côté car il n'y a plus de trottoir, et revenir en arrière pour finalement traverser le pont piéton. Je regrette déjà Mathieu et son expérience supérieure du guidage à vélo.
La suite de l'étape se déroule heureusement bien mieux, je n'hésite plus à m'arrêter quelques secondes pour vérifier ou je vais quand j'ai un doute, et j'avance à un bon rythme. L'étape est plutôt jolie, avec une route peu fréquentée car c'est le week-end, des beaux décors qui me permettent de dire au revoir à la Galice, et 'peu' de dénivelé, seulement 900 aujourd'hui (ce qui serait gigantesque dans n'importe quel autre voyage, notez bien). À 13h, heure habituelle de la pause, je décide d'ailleurs de forcer en voyant le dernier vrai col du voyage juste devant moi, histoire de ne plus avoir de difficulté après le repas. 20 minutes plus tard, j'arrive un peu cuit par le soleil et l'effort en haut de l'épreuve, et me sustente à la cloche devant une station service.
En repartant, je me rappelle de la discussion de la veille avec Mathieu, qui portait sur la différence entre limite physique et mentale, et je décide de me pousser un peu 'pour rigoler'. Il reste 26 kilomètres et seulement 150 mètres de dénivelés, puis-je y arriver en une heure ? Je me mets à bomber au maximum en utilisant toute la puissance disponible, essayant de pousser au maximum dans les descentes pour mieux passer les montées, ne lâchant jamais la pression de l'effort. Les kilomètres défilent vite, et quand sonnent les 60 minutes, il ne me reste que 2.5 kilomètres jusqu'à la fin de l'étape. Je ne suis pas allé à 26 (en même temps avec un vélo de rando chargé et des côtes et à la fin de la journée faut pas pousser), mais ça reste un joli 23.5 km/h sur une heure, ce qui me satisfait. Je profite du pont traversant la frontière Espagne/Portugal pour souffler un peu et arrive à la fin de l'étape à 15h20, pour la première fois de ma vie au Portugal !