Etape
Mondonedo - St Jacques de Compostelle
Kilomètres
137
Météo
Parfait mais ça commence à chauffer pas mal
Phrase du jour
Asthme, du latin 'Asthmus', racine 'olala j'ai du mal à respirer'
Résumé
Nous nous levons ce matin à 7h tapante pour partir le plus tôt possible : l'étape du jour sera longue car il nous faut parcourir 137 kilomètres jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle. Le plan est de switch les vélos pour 'raccourcir' l'étape, mais on a quand même un sacré kilomètrage à remplir, du type qu'on a pas fait depuis 2018.
Ça commence directement avec la montée au col pendant 500 mètres de dénivelé sec. Une brume est marquée et nous montons dedans. Mathieu me fait la remarque qu'avec la visibilité quasi nulle nous avons 20% de chances de finir tués, mais heureusement nous arrivons sans heurts au sommet.
L'étape continue sans être très intéressante : pour pouvoir arriver à Saint-Jacques en une seule journée, il a fallu couper court aux atermoiements de Google Maps et son mode vélo : nous prenons la grosse nationale dégueulasse frôlés par les camions. Nous gagnons ainsi quasi 20 bornes mais également une étape bien chiante nous rappelant les heures sombres du Berlin-Talinn de 2021.
Je roule plutôt bien et surprends plusieurs fois Mathieu à pédaler. Il me dit que c'est pour économiser de la batterie mais je ne suis pas dupe : je sais qu'il en a une de rechange dans ses sacoches et qu'il prend environ 2% de plaisir (c'est déjà pas mal).
À la pause midi, nous roulons sans interruption depuis 7h50 du matin, avons déjà enchainé 1000 mètres de dénivelé, et il ne reste 'que' 57 kilomètres à rouler. C'est au moment de repartir après avoir dégusté une bonne tortilla industrielle que l'on se regarde avec Mathieu. Il a un petit sourire narquois car il me connaît bien et il sait déjà ce que je vais dire : 'Je veux tout faire avec mon vélo mécanique'. C'est pour ça que j'étais stressé hier, car je savais qu'il y'avait 95% de chances que je refuse l'aide du vélo électrique pour pouvoir 'accomplir' cette étape.
Nous repartons vite et une discussion sur les gens élitistes et sur leurs qualités et défauts surtout quand il s'agit de pain au levain nous occupe pendant 40 bons kilomètres. Après une petite pause station service pour boire un thé glacé non écologique mais néanmoins délicieux, il ne reste qu'une petite vingtaine de kilomètres.
C'est alors que Mathieu décide de repasser en mode El Tentador, le tentateur. Il choisit de me faire passer par des routes toujours plus infâmes pour finir le pèlerinage de Saint-Jacques comme un vrai pèlerin. Le festival est enclenché : petits sentiers qui tremblent, microscopiques rues avec virages en épingles, montées à 16 degrés, tunnels sous les rails de train et voies de service longeant l'autoroute. Je tiens bon au début puis finit par crier pitié au tentateur. Mais quand il m'annonce qu'il ne reste que 22 mètres de dénivelés, je choisis par le croire. Grave erreur, car l'arrivée au airbnb se fait en gravissant toute la ville. Mes jambes crient au secours et j'arrive cuit comme rarement. Au final, c'est pas moins de 1650 mètres de dénivelés qui auront été gravis en une seule étape, atomisant le record, et les 137 bornes sont déjà dans le top 10 de nos plus longues étapes. Mais je n'ai pas cédé et je suis très content ! Il ne restera plus que 2 étapes plus simples pour arriver à Porto, et je récupèrerais demain mon certificat de pèlerin de Saint-Jacques légitimement.
C'est hélas sur une nouvelle plus triste que se clot cette étape car je savais vivre ma dernière aventure à vélo avec Mathieu, il aura tout tenté pour essayer d'encore s'y intéresser, avec l'électrique sur ce voyage, mais las, il n'en peut définitivement plus de ce moyen. Nos prochains voyages à 2 se feront sur d'autres modes, et même si je sais qu'on l'a techniquement déjà dit 2 fois, la c'était VRAIMENT fini pour lui. Mais bon au final, le vélo c'est juste un médium et on a encore plein de projets de voyages, c'est le principal. Bientôt une aventure dans les Balkans en van ?