Etape

Castro Urdiales - Torrelavega

Kilomètres

100

Météo

Chaude mais agréable

Phrase du jour

Santandeur n'est pas une ville très élastique car elle n'a pas de TENDEUR (Mathieu)

Résumé

Ce matin, départ pour une étape plus chill que les deux premières. Par chill entendez 100 kilomètres tout rond et seulement 950 mètres de dénivelés (à l'aide). Le départ est agréable, le soleil pointe le bout de son nez sans trop chauffer, le dénivelé s'enchaine pas mal et Mathieu commence à trouver le voyage finalement pas si mal, avec les belles vues et les bons tapas d'hier soir.

Soudain, il m'annonce que la trace bifurque par des chemins pittoresques. Je le suis sans poser de questions. Nous montons dur à flanc de montagne sur un joli goudron. Puis le goudron se transforme en gravier. Je hausse les sourcils mais ne m'en fais pas trop. Les graviers deviennent terre, mais ça roule encore. Je vois alors Mathieu au niveau de ce que je pensais être le sommet de la côte. Il me regarde un peu dépité et m'annonce en ces termes ''je crois que c'est un plan cul''. Je tourne la tête et vois un sentier étroit ultra raide plein de cailloux et rochers qui monte droit dans la montagne sans échappatoire possible. La prochaine demi-heure est… compliquée. Le soleil tape fort et monter un vélo de randonnée chargé (poids environ 30 kilos) dans ce genre de chemin très physique. Mathieu est légèrement aidé par son moteur mais les pneus ripent et l'effort reste conséquent.

J'arrive en haut de l'épreuve complètement cuit et doit m'allonger quelques minutes sur le bitume heureusement retrouvé. La suite semble de meilleure augure. Nous devisons gaiement en suivant la ligne de côte d'un village balnéaire quand j'entends un bruit sourd. J'ai 0.5 secondes pour réaliser que le téléphone de Mathieu, un IPhone 16 max acheté 5 jours avant (oui oui) vient de quitter son support. J'ai 0.05 secondes de plus pour réaliser qu'il se dirige droit sous ma roue avant, soit plus rapide que le temps de réaction humain. Je roule complètement sur le téléphone en freinant qui se coince sous ma roue et est trainé sur 2 mètres en émettant un bruit terrible. Éjecté à moitié de mon siège, je finis par m'arrêter et note le dernier clou dans le cercueil : l'IPhone est tombé du mauvais côté de la tartine (ici : l'écran tourné vers le sol). Je retourne le téléphone, complètement détruit. L'écran ne réponds plus. Je peux encore appeler Mathieu et sous cet amas de rayures, le hardware semble répondre, mais le mal est fait : plus de téléphone pour Mathieu.

Le coup est dur pour Mathieu qui a déjà une motivation fluctuante pour les voyages à vélo et qui accepte d'en faire principalement pour pouvoir kiffer avec moi. Il ne dit plus rien pendant quelques kilomètres puis finit par se dérider et se plaindre de tout ce qui touche de près ou de loin au concept de bicyclette. J'abonde grandement dans son sens et lui propose quelques options pour sauver le voyage :

  • Attacher mon vélo au sien pour aller plus vite

  • Prendre un train pour gagner du temps

  • Laisser les vélos dans le centre-ville la nuit non attachés avec un panneau 'FREE TO USE' et pouvoir dire qu'on nous les a volé, pas de chance on va devoir rentrer

  • S'infiltrer dans une usine de Pastel de Nata à 3h du matin pour charger nos vélos et nous dans un camion de Livraison se rendant à Porto

La suite de l'étape est plutôt roulante, et nous nous amusons à faire passer le temps d'arrivée du guidage (qu'on utilise désormais sur mon téléphone) de 19h à 17h, parce que quand même faut pas pousser.